La vierge Marie

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La vierge Marie

Message par Daniel le Jeu 29 Nov - 12:43

Actuellement, dans la pratique des dévotions catholiques, une place immense est faite à la vierge Marie. Les titres qu’on lui attribue sont multiples: Mère de Dieu, Porte du ciel, Refuge des pécheurs…

Marie est vénérée au point que Jésus Lui-même semble relégué à une place inférieure. Les innombrables statues de la Vierge à l’enfant (ou sans enfant) sont suffisamment parlantes. Qu’en est-il en réalité par rapport aux Écritures?

La naissance de Jésus est surnaturelle. C’est le mystère de l’incarnation : «une vierge enfantera un fils qui sera appelé Emmanuel» c’est-à-dire, Dieu avec nous (Esaïe 7: 14). Mais Marie n’en reste pas moins une femme à part entière qui fut choisie en vertu de la grâce souveraine de Dieu, ce que celle-ci admettra d’emblée dans sa prière : «Le Seigneur a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante» (Luc 1:48).

Au Moyen-Âge, le culte de Marie se développe considérablement grâce à la chevalerie (culte de la Dame). On note l’apparition de l’Ave Maria vers le IXème siècle comme prière rituelle. Peu à peu apparaissent les fêtes mariales dont la dernière en date, l’Assomption, a été établie par le pape Pie XII en novembre 1950 seulement. Pourquoi cette soudaine « révélation »? Tout simplement pour résoudre une question de logique doctrinale. Déclarer Marie comme étant sans péché devait forcément impliquer qu’elle n’avait pu voir la mort.

La Bible ne fait bien sûr aucune mention d’une élévation de Marie au ciel. Seul Jésus a été souverainement élevé à la droite de Dieu, seul Il est couronné de gloire et d’honneur.
Prétendre qu’il est nécessaire voire préférable de passer par Marie pour atteindre son Fils n’a de même aucun fondement scripturaire et relève de l’imaginaire de théologiens qui tordent le sens des Écritures.

Voyez plutôt les récits des évangiles concernant les contacts que Jésus a pu avoir avec Marie et les paroles qu’il prononça à son égard:

– quand Marie réprimanda Jésus qui lui avait faussé compagnie à elle et à Joseph, celui-ci répondit «ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon père. Mais ils (y compris Marie) ne comprirent pas ce qu’il leur disait». (Luc 2:41-50)

– à Cana, Marie fut certainement surprise d’entendre Jésus lui dire: «Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ?» (Jean 2:4)

-quand on vint avertir Jésus que sa mère et ses frères désiraient le voir (Marc 3:31-35), il ne manifesta pas une grande joie, sachant que peu de temps avant ils avaient voulu se saisir de lui, pensant qu’il était hors de sens (Marc 3:21). Jésus déclara alors que quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est son frère, sa sœur, et sa mère Aucun hommage particulier à Marie mais une mise au point des plus claires: d’abord, le fait que Marie ait engendré Jésus ne lui donne aucune prérogative spéciale sur lui; ensuite, le fait que Jésus soit né de chair et de sang ne doit pas masquer son origine divine, éternelle, céleste.

– quand une femme voulut rendre un hommage tout particulier à Marie en s’exclamant du milieu de la foule: «Heureux le sein qui t’a porté, heureuses les mamelles qui t’ont allaité !», Jésus réagit aussitôt pour lever toute ambiguïté et début de dévoltion: «Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent!» (Luc 11:27-28).

– enfin, quand Jésus déclara sur la croix: «Femme, voilà ton fils», et à Jean : «voilà ta mère», il ne voulait en aucune manière signifier que Marie était la mère de tous les croyants mais ne voulant pas la laisser à elle-même, dans le besoin et le désarroi, il la confia donc aux soins de son disciple le plus proche. Cela est d’autant plus clair que l’Écriture précise qu’à partir de ce moment le disciple la prit chez lui (Jean 19:26-27).


Marie « Mère de Dieu


Prétendre que Marie est la « Mère de Dieu » parce qu’elle a enfanté celui qui est la Parole faite chair, le Verbe incarné, c’est prendre un raccourci bien simpliste pour tomber dans une aberration grossière. Dieu « est » de toute éternité, il n’a ni commencement ni fin. Dire que Marie est la Mère de Dieu c’est dire que Dieu a un commencement au travers de la naissance de Jésus. C’est oublier que Jésus s’est seulement incarné en prenant un corps semblable au nôtre pour accomplir notre rédemption mais qu’il était avec le Père de toute éternité: «Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour: il l’a vu, et il s’est réjoui. Les juifs lui dirent.- tu n’as pas encore cinquante ans et tu as vu Abraham I Jésus leur dit: en vérité en vérité je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis» (Jean 8: 56-58).

Il est manifeste que Marie est un exemple de foi et d’humilité mais elle ne saurait être vénérée comme une déesse. En réalité, c’est après l’entrée massive des païens dans l’Église, habitués au culte des déesses, qu’on vint en foule vers Marie. Il est significatif de voir que c’est à Ephese, la ville de la déesse Artémis, que le concile de 431 la déclara « Mère de Dieu ». C’est alors qu’on commença à lui dédier des autels et des images. Dans son livre consacré à la vie de l’apôtre Paul (L’avorton de Dieu), Alain Decaux mentionne cette réalité: à Ephese, «le paganisme est partie intégrante de la vie quotidienne. Chacun implore Artémis dans ses prières comme – bien plus tard -les chrétiens prieront Marie. Chaque mois de mai est consacré à la déesse. Tous les quatre ans, son culte prend des proportions inouïes. D’innombrables pèlerins se ruent dans la ville entièrement fleurie. La moindre chambre est louée plusieurs mois à l’avance. Tout le jour, des cortèges joyeux parcourent la cité en criant et chantant: « Grande est Artémis des Éphésiens! » (page 212).

Les Isis, Artémis, Astarté et Vénus de l’Antiquité ont laissé place à l’adoration d’une divinité féminine: Marie. On comprend mieux le mécanisme religieux de transfert de dévotion, qui conduit à une forme d’idolâtrie chrétienne, toute aussi répréhensible du point de vue de la Bible.


L’Immaculée Conception

C’est en 1854 que le Pape Pie IX va rassembler une grande partie des évêques à Rome pour discuter de la question et se mettre d’accord sur les termes exacts de la promulgation de l’Immaculée Conception. Dès lors, Marie apparait comme le seul être épargné par le péché originel. Modèle de pureté absolue, elle seule peut être désignée pour devenir la mère de Jésus. Très opportunément, c’est après cette proclamation, 4 ans plus tard, en 1858, à Lourdes, que la Vierge Marie se serait présentée à la jeune Bernadette comme l’immaculée Conception, venant ainsi confirmer elle-même le bien-fondé d’un tel attribut.

Cette allégation survenue après 19 siècles d’obscurité n’a encore une fois aucun fondement néotestamentaire. Si Marie avait été sans péché nous ne voyons pas pourquoi elle s’adresse à Dieu comme à son sauveur: «et mon esprit se réjouit en Dieu, mon sauveur» (Luc 1:47); seul le péché amène à considérer le besoin d’un sauveur capable de pardonner et d’effacer.
Jamais de son vivant Marie ne s’est attribuée une telle qualité, bien au contraire: «Le Seigneur a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante» (Luc 1: 48). Il est donc très étrange qu’elle puisse maintenant se donner des attributs divins. Il faut se poser la question, si ce n’est pas Marie qui est apparue, qui est-ce? (2 Corinthiens 11 :14)

Rien dans les diverses épîtres du Nouveau Testament ne permet un instant de supposer que Marie soit née et demeurée sans péché ou qu’elle puisse avoir une part quelconque dans notre rédemption. En fait, les écrits des divers apôtres se focalisent uniquement sur la personne de Jésus sans faire aucunement mention de Marie.

Nous devons donc admettre en toute objectivité que les allégations de l’Église Catholique concernant Marie relèvent davantage de la fantasmagorie mystique plutôt que d’une révélation indiscutable des Saintes Écritures, qui, rappelons-le encore, sont la seule et unique source de connaissance pour tout ce qui concerne la foi chrétienne.


La vie de Marie selon les évangiles

Le Nouveau Testament est en fait très sobre concernant la vie de Marie. Au-delà du choix de Dieu qui relève de sa grâce souveraine, nous voyons en Marie une femme effacée qui n’a jamais cherché à faire parler d’elle. Il est manifeste que, jusqu’à la croix, il fut pour elle très difficile de conjuguer le fait que Jésus soit son fils et le fait qu’il soit le Fils de Dieu.

Contrairement aux idées reçues, il est clair que Marie eut bien d’autres enfants. Il suffit de lire Matthieu 13:55-56, Marc 6:3, Jean 7:5, Actes l:14, pour s’en convaincre. Le dogme de la virginité perpétuelle de Marie n’est donc pas plus fondé que celui de sa nature immaculée.
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